La section internationale de la liaison binationale Vitoria-Dax
Comme suite au sommet franco-espagnol de Saragosse en 2003, le Groupement européen d’intérêt économique (GEIE) Sud Europe Atlantique Vitoria-Dax a été créé en 2005 par RFF et son homologue espagnol, l’ADIF. Outre la réalisation d’études proprement dites, sa mission est naturellement de veiller à la coordination des opérations et à la cohérence des solutions choisies de part et d’autre des Pyrénées (voies, matériels, sécurité). Le moment venu, il proposera aux Etats français et espagnols les modalités de réalisation et de mise en exploitation de la section internationale, maillon clé de l’axe ferroviaire européen n°3 : Paris-Bordeaux-Dax/Vitoria-Madrid-Porto/Lisbonne.
Afin de poursuivre la construction de cet axe européen, un accord a été signé suite au sommet franco-espagnol de Paris de 2008 relatif à la constitution d’une Commission Intergouvernementale (CIG) Vitoria-Dax, commission composée de représentants des Etats français et espagnols. Cette CIG supervise les études réalisées par le GEIE : études générales visant à identifier les marchés et trafics susceptibles d'emprunter la section internationale de la liaison binationale Vitoria-Dax à long terme, ainsi que l'évolution à moyen terme du complexe ferroviaire Hendaye Irun en liaison avec la mise en service du Y basque à moyen terme.
La nouvelle liaison ferroviaire binationale Vitoria Dax permettra de répondre aux objectifs rappelés dans le cadre des décisions européennes suivantes :
- une déclaration d’intention signée le 8 juin 2010 à Saragosse par le Vice-Président en charge des Transports à la Commission Européenne Siim Kallas, le coordonnateur européen Carlo Secchi et les ministres des transports français, espagnol et portugais;
- un règlement européen n° 913/2010 du 22 septembre 2010 relatif au réseau ferroviaire européen pour un fret compétitif, notamment l’axe n°4 entre le Portugal, l’Espagne et la France par la façade atlantique, à savoir une augmentation significative de la part modale du fer tant pour les voyageurs (gain de temps de 2h entre Vitoria et Dax) que pour les marchandises (suppression du transbordement des marchandises à la frontière grâce à la continuité UIC) et, par voie de conséquence, une diminution significative des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020.
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Les projets en Espagne
Pour répondre à la demande de transport des personnes et des marchandises à long terme, au niveau national comme international, le gouvernement espagnol a arrêté en juillet 2005 un Plan Statégique d'Infrastructures et de Transports (PEIT) 2005-2025, plan doté d'un budget de 109 milliards d'euros pour le ferroviaire et dont l'élément majeur est le développement d'un réseau ferroviaire étendu, à écartement européen (UIC).
Ce plan prévoit de renforcer les liaisons avec les pays voisins, et notamment la France. Il vise surtout l’intégration de l’Espagne au Réseau Transeuropéen de Transport. Cela concerne tout particulièrement :
- l’axe ferroviaire à grande vitesse méditerranéen Valence-Barcelone-Montpellier-Paris,
- l’axe ferroviaire à grande vitesse atlantique qui inclut la liaison Lisbonne/Porto-Madrid-Vitoria-Irún/Hendaye-Dax-Bordeaux-Paris.
Les études relatives à la mise progressive à écartement UIC du réseau ferré existant se poursuivent en parallèle avec un programme d’investissement de 5 milliards d'euros destiné à améliorer d'ici 2013 les performances du système ferroviaire espagnol pour le développement du transport de marchandises.
Enfin, le gouvernement espagnol a approuvé le 14 septembre 2010 un plan stratégique pour le développement du fret ferroviaire, plan doté d’un budget de 7,5 milliards d’euros ayant pour objectif de faire passer la part modale du fer de 3% à 8 ou 10% dans les 10 prochaines années.
Sur la branche atlantique et dans la continuité des GPSO
-- La ligne nouvelle mixte « Y basque » reliant Vitoria à Bilbao et Saint-Sébastien-Irún (180 km, écartement UIC, 220 km/h) est estimée à 4,2 milliards d’euros. L’approbation ministérielle du projet date de novembre 2000, un accord politique pour la réalisation a été trouvé entre le gouvernement central et les autorités basques en avril 2006. Les travaux de génie civil engagés début 2007 se poursuivent à un rythme soutenu (plus de 2 milliards d’euros notifiés à fin 2010) avec un objectif de mise en service à l’horizon 2016.
--> Téléchargez la carte du Y basque (mai 2011).
-- Entre Vitoria et Burgos, les études de ligne nouvelle UIC se poursuivent et les premiers tronçons de génie civil ont été attribués en 2009 ; la ligne de contournement de Burgos a été mise en service fin 2008.
-- Entre Burgos et Valladolid, les travaux de génie civil engagés début 2008 se poursuivent dans les délais prescrits avec la notification des derniers marchés qui s’est achevée fin 2009.
-- Entre Madrid, Segovia et Valladolid, la ligne nouvelle UIC a été mise en service en décembre 2007 offrant ainsi un gain de temps compris entre 1h05 et 1h25 selon les liaisons avec Madrid (Leon-Santander-Bilbao-Irún).
L'année 2010 a vu la mise en service des lignes nouvelles Madrid-Valence et de la section internationale de la liaison binationale Perpignan-Barcelone, propulsant ainsi l’Espagne au 1er rang européen des exploitants de ligne à grande vitesse. En 2011, des trains directs relient Irún à Madrid (2 AR/jour) et Barcelone (2 AR/jour) en moins de 6 heures : avec un temps de parcours projeté à moins de 3 heures, ce seront plusieurs dizaines de trains/jour qui relieront Irún aux grandes métropoles espagnoles.
--> Téléchargez la carte du réseau ferré espagnol (avril 2011).
Pour plus d'informations sur les projets en Espagne, deux sources importantes : le site du Ministerio de Fomento et le site du Y basque.



